Fusions-Acquisitions · Opération réalisée · Conseil à l'achat

Innoval acquiert Dilepix : la vision par ordinateur rejoint le pôle Smart Décision

Comment le groupe coopératif breton des services à l'élevage est devenu actionnaire majoritaire de la deeptech rennaise de l'intelligence artificielle appliquée à l'image — le besoin, l'approche, les enjeux et la lecture macroéconomique d'une prise de contrôle qui donne des yeux numériques au pilotage des exploitations, au service des 28 000 éleveurs du réseau.

930 k€
chiffre d'affaires 2024 publié de la cible
2018
création à Rennes, par essaimage de l'Inria
28 000
éleveurs du réseau coopératif, terrain d'innovation
2025
prise de participation majoritaire, le 1er juillet
L'acquéreur

Innoval, le groupe coopératif des services à l'élevage

Basé à Noyal-sur-Vilaine, en Ille-et-Vilaine, Innoval est le groupe coopératif de la génétique animale et des services à l'élevage — génétique et reproduction, conseil, gestion sanitaire, alimentation —, au service des 28 000 éleveurs de son réseau. Non coté par nature coopérative, le groupe a réalisé 228 M€ de chiffre d'affaires en 2024 avec 2 000 collaborateurs et une présence dans 29 départements — l'un des tout premiers groupes coopératifs français de l'élevage. Sa stratégie numérique s'écrit dans le programme Innoval 4.0 et le pôle Smart Décision de sa holding Innoval Développement — collecter et valoriser les données au profit des éleveurs —, construit brique par brique : le monitoring prédictif avec ITK, repris en octobre 2023, vingt fermes pilotes en programme de recherche, et désormais la vision par ordinateur avec Dilepix.

CAMÉRAS & FLUX VIDÉO BÂTIMENTS · MACHINES · DRONES ALGORITHMES DE VISION ANALYSE EN TEMPS RÉEL · DEEP LEARNING DÉTECTION & ALERTES PILOTAGE DE L'EXPLOITATION
Le savoir-faire clé de la cible : transformer le flux des caméras en décisions d'élevage, en temps réel
IN Innoval Groupe coopératif des services à l'élevage — Noyal-sur-Vilaine (35) innoval.com
D Dilepix Vision par ordinateur & IA pour l'agriculture — Rennes (35) dilepix.com
Le cédant

Dilepix, la deeptech rennaise de la vision par ordinateur

Implantée à Rennes, Dilepix conçoit des algorithmes de vision par ordinateur capables d'analyser en temps réel les flux vidéo et photo issus des bâtiments d'élevage, des machines agricoles et des drones — pour détecter et localiser automatiquement les menaces et opportunités agronomiques, du monitoring des activités d'élevage à la quantification des pertes alimentaires. Créée en 2018 par Alban Pobla et Aurélien Yol par essaimage des travaux menés avec l'Inria — vingt-cinq ans de recherche en vision par ordinateur —, la société a levé un million d'euros en 2019 et réalise 930 k€ de chiffre d'affaires en 2024 avec une dizaine de salariés, forte d'un modèle partenarial singulier : coopératives, sociétés pharmaceutiques et vétérinaires, instituts techniques, fabricants de tracteurs et de machines agricoles. La gouvernance publiée dit la continuité : les deux cofondateurs rejoignent le groupe — Aurélien Yol prend la direction de Dilepix, Alban Pobla celle du pôle Smart Décision —, et la société conserve son agilité de R&D comme son modèle partenarial.

La visibilité de l'opération

Ce que la presse en a dit

L'opération, annoncée le 1er juillet 2025, a été couverte par la presse régionale, la presse économique bretonne et la presse professionnelle agricole :

Ouest-France · Économie & AgricultureJuillet 2025 Élevage : Innoval renforce son pôle numérique en rachetant le rennais Dilepix

Le premier quotidien régional français annonce l'opération par son titre même — le renforcement du pôle numérique du groupe coopératif par le rachat de la start-up rennaise — et la replace dans le paysage de l'élevage du Grand Ouest : un acteur coopératif de référence qui investit l'intelligence artificielle appliquée à l'image pour outiller ses éleveurs, au moment où la surveillance automatisée des bâtiments et l'analyse des données deviennent des leviers du quotidien des exploitations.

Bretagne Économique3 juillet 2025 Le groupe coopératif Innoval acquiert Dilepix et accélère dans l'IA liée à l'agriculture

Le média économique breton documente la trajectoire et la stratégie : cofondée en 2018 à Rennes par Aurélien Yol et Alban Pobla, issue des travaux de recherche menés avec l'Inria, Dilepix avait levé un million d'euros en 2019 ; le groupe — 228 M€ de chiffre d'affaires, 2 000 collaborateurs — poursuit ses acquisitions dans l'intelligence artificielle appliquée à l'agriculture après ITK en 2023, avec vingt fermes pilotes en programme de recherche et l'ambition de valoriser les données de ses 28 000 éleveurs. Les deux cofondateurs rejoignent Innoval.

Agra Presse · presse professionnelle agricoleJuillet 2025 Dilepix rejoint le giron du groupe coopératif Innoval

L'agence de presse professionnelle du monde agricole précise le montage et le projet, communiqué à l'appui : une prise de participation majoritaire au capital, annoncée le 1er juillet 2025, qui renforce le pôle Smart Décision d'Innoval Développement — collecter et valoriser les données au profit des éleveurs pour le pilotage de leurs exploitations. L'article détaille la promesse réciproque : un accès terrain facilité pour valider les innovations de la start-up, qui conserve son agilité de R&D et son modèle partenarial, des coopératives aux fabricants de machines agricoles.

L'enjeu de l'opération

Pourquoi cette acquisition, et pourquoi cette cible

Pour Innoval, l'enjeu est de compléter la chaîne numérique de l'élevage : le pôle Smart Décision — dont le communiqué résume la mission, « collecter et valoriser les données au profit des éleveurs », pour le pilotage de leurs exploitations — s'est construit brique par brique, du monitoring prédictif d'ITK aux vingt fermes pilotes du programme de recherche. Il lui manquait la source de données la plus riche et la moins exploitée : l'image. En prenant le contrôle du spécialiste rennais de la vision par ordinateur, le groupe donne des yeux à son dispositif — l'analyse en temps réel des flux des bâtiments, des machines et des drones — et traite ce qu'aucun capteur ponctuel ne capture : le comportement animal observé en continu, les événements sanitaires détectés dès leurs premiers signes, la surveillance quotidienne automatisée.

IA · INRIA COOPÉRATIVE · 228 M€ INNOVAL VISION PAR ORDINATEUR DILEPIX · RENNES 28 000 ÉLEVEURS & PARTENAIRES INDUSTRIELS
L'enjeu stratégique : brancher les yeux numériques de la deeptech sur le terrain du réseau coopératif

Côté cible, Dilepix apportait ce que sept ans de deeptech construisent : une technologie née de vingt-cinq ans de recherche en vision par ordinateur à l'Inria, des algorithmes éprouvés de détection et de localisation en temps réel, et un modèle partenarial rare — coopératives, laboratoires pharmaceutiques et vétérinaires, instituts techniques, fabricants de machines — qui démultiplie les débouchés au-delà du seul élevage. Ce qui lui manquait, l'opération le lui offre : le terrain. Avec les 28 000 éleveurs du réseau et les vingt fermes pilotes du programme de recherche, la start-up accède à une échelle de validation qu'aucune jeune société ne peut s'offrir seule — tout en conservant, le communiqué le grave, son agilité de R&D et ses partenariats. Et la gouvernance scelle l'alignement : un cofondateur à la direction de la société, l'autre à la tête du pôle qui l'accueille.

La lecture macroéconomique

L'élevage de précision devient un enjeu de consolidation

Cette opération illustre la maturation de l'agtech française : née dans les laboratoires — l'Inria, l'INRAE — et financée par le capital-risque, la première génération de deeptechs agricoles atteint l'âge des choix. Entre la levée suivante et l'adossement, un modèle s'impose dans l'élevage : l'intégration aux groupes coopératifs, qui détiennent ce que les startups n'auront jamais — le terrain, la donnée à l'échelle et la confiance des exploitants — pendant que la transition numérique des exploitations devient un enjeu de compétitivité, de bien-être animal et de réponse à la pénurie de main-d'œuvre. Les coopératives, elles, bâtissent leurs pôles numériques par acquisitions ciblées : la brique prédictive, la brique monitoring, la brique vision — le pilotage de l'exploitation se recompose en suite logicielle.

L'opération raconte aussi un circuit court du capital breton : à quelques kilomètres, en Ille-et-Vilaine, le groupe de Noyal-sur-Vilaine prend le contrôle de l'essaimage rennais de l'Inria — la recherche publique locale trouvant son débouché industriel dans la coopération agricole locale, sans passer par une cession à un industriel étranger. Pour les fondateurs et l'équipe, l'adossement offre l'échelle en préservant l'agilité ; pour le territoire, il ancre à Rennes une compétence d'intelligence artificielle appliquée ; et pour la collection des opérations du groupe — la reprise du formulateur Orcad, l'entrée au capital de Ratdown, le contrôle de Dilepix —, il dessine une méthode : à chaque brique son montage, du minoritaire au contrôle, au service d'un même projet coopératif.

NOYAL-SUR-VILAINE INNOVAL RENNES · ESSAIMAGE INRIA DILEPIX ACQUISITION 2025 · MAJORITAIRE ILLE-ET-VILAINE
Un circuit court du capital : le groupe coopératif prend le contrôle de la deeptech de la métropole voisine
Le rôle du conseil

La valeur ajoutée de Collaboration Capital sur cette mission

Sur cette opération, Collaboration Capital est intervenu comme conseil à l'achat. Une prise de contrôle de deeptech par un groupe coopératif se joue en quatre temps — et l'actif, une équipe de recherche et ses algorithmes, donne à chacun d'eux une exigence propre.

I

Bonne compréhension de la mission

Le cadrage d'une acquisition technologique par une coopérative part de l'usage final : le canal de prescription du secteur est le conseiller d'élevage — le technicien qui visite l'exploitation, prescrit les outils et fait adopter les innovations auprès des adhérents. Un pôle numérique qui se construit brique par brique ne cherche donc pas une startup de plus, mais la compétence exacte qui complète la suite : après la brique prédictive et le monitoring, la vision par ordinateur — la seule source qui observe l'animal et le bâtiment en continu. Le cahier des charges ajoutait deux exigences propres au monde coopératif : une technologie prête pour le terrain, et un projet compatible avec la culture du sociétariat.

II

Sourcing et évaluation des cibles

L'agtech française est un écosystème de jeunes sociétés essaimées des laboratoires, que les nomenclatures rendent illisibles — classées dans l'édition de logiciels ou le conseil informatique, jamais dans l'élevage qu'elles servent. L'évaluation mobilise des critères propres à la deeptech : l'antériorité scientifique et la propriété de la technologie — ici vingt-cinq ans de recherche Inria derrière l'essaimage —, la maturité du produit au-delà du prototype, la qualité des données d'entraînement, la solidité du modèle partenarial et la dépendance aux fondateurs — dans une équipe d'une dizaine de personnes, les chercheurs sont l'actif. La preuve d'usage, enfin : des algorithmes déployés en conditions réelles, pas des promesses de démonstration.

Canal off-market

Le sourcing off-market

L'atout technologique de Collaboration Capital tient à sa méthode d'identification des cibles : des algorithmes de clustering sémantique et de machine learning, et non les nomenclatures sectorielles et administratives. Les codes d'activité officiels rangent les entreprises dans des cases qui ne savent pas répondre à l'objectif global d'un acquéreur — ils ignorent l'activité réelle, le modèle de distribution, la typologie de clientèle ou le modèle d'affaires. L'analyse sémantique, elle, lit ce que font véritablement les entreprises et cartographie celles qui correspondent à la thèse d'acquisition dans toutes ses dimensions, y compris — et surtout — celles qui ne sont pas à vendre. L'agtech en est l'illustration parfaite : une deeptech de l'élevage administrativement rangée dans le logiciel, qu'aucune requête par codes du monde agricole n'aurait fait remonter.

Canal on-market

Le sourcing on-market

La même infrastructure s'applique au marché visible : la technologie extrait les opérations d'acquisition et de cession réalisées sur le secteur visé par le client — et surtout, elle identifie les dealmakers qui les ont conduites : avocats, auditeurs, banques de financement et fonds d'investissement, en évaluant le niveau de spécialisation de chacun sur le secteur d'activité concerné.

Collaboration Capital identifie ainsi les dealmakers réellement actifs sur le secteur recherché, retrouve leurs coordonnées professionnelles — emails et téléphones — et prend contact pour leur présenter le projet d'acquisition du client. C'est ainsi que le canal on-market est alimenté : il donne au client accès aux cessions qui circulent sur le marché, au moment où elles circulent, auprès de ceux qui les font circuler — y compris les dossiers de deeptechs arrivées à l'âge de l'adossement, que le capital-risque fait circuler tôt.

Réunis, ces deux canaux changent le niveau de jeu du sourcing : l'infrastructure technologique de Collaboration Capital devient un véritable game changer des projets d'acquisition. Elle s'adresse aux entreprises ambitieuses qui veulent appuyer leur croissance externe sur cette infrastructure de haut niveau.

III

Approche directe et mise en relation

Approcher deux cofondateurs issus de la recherche, c'est répondre à la question qui décide de tout : que devient la R&D ? L'argumentaire tenait au projet — l'accès à un terrain de validation que nulle startup ne peut s'offrir, les 28 000 éleveurs du réseau et les vingt fermes pilotes du programme de recherche — et aux garanties : l'agilité de R&D préservée, le modèle partenarial conservé, des coopératives aux fabricants de machines. La sensibilité exigeait enfin d'offrir un rôle à la mesure de chacun : la direction de la société pour l'un des cofondateurs, celle du pôle d'accueil pour l'autre — l'alignement des personnes avant celui des capitaux.

IV

Négociation jusqu'au closing

La structuration a retenu la prise de participation majoritaire : le contrôle pour l'intégration au pôle, une place au capital et aux commandes pour les fondateurs — le montage type des deeptechs, où la valeur part avec les équipes. Les audits portaient sur les actifs du métier : la propriété intellectuelle des algorithmes et l'antériorité des travaux issus de l'Inria, les jeux de données et leur titularité, les contrats partenariaux et leur transférabilité, la rétention de l'équipe de recherche. La gouvernance a été gravée à l'annonce — chaque cofondateur à son poste, l'agilité préservée — et la discipline de l'acquéreur a fait le reste : troisième opération du groupe documentée par cette collection, après ITK en 2023 hors collection, chacune avec le montage adapté à sa brique.

L'opération en bref
Acquéreur
Innoval, via Innoval Développement (pôle Smart Décision) — Noyal-sur-Vilaine (35) · 228 M€ (2024) · 2 000 collaborateurs
Cible
Dilepix — Rennes (35), créée en 2018, essaimage Inria
Activité de la cible
Vision par ordinateur & IA pour l'élevage et l'agriculture
Taille de la cible
930 k€ de CA (2024) · une dizaine de salariés
Montage
Prise de participation majoritaire — les cofondateurs à la direction
Année
2025 (annonce le 1er juillet)
Rôle du cabinet
Conseil à l'achat
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